Avec la réforme, envoyer un PDF en pièce jointe par e-mail ne suffira plus pour les factures B2B françaises concernées. Une facture électronique devra contenir des données structurées et être transmise au client par l'intermédiaire d'une plateforme agréée.
Le document restera lisible par une personne, mais il deviendra également exploitable automatiquement par les logiciels. La réforme change donc à la fois le format de la facture, son canal de transmission et la manière de suivre son traitement.
Quelle différence entre un PDF et une facture électronique ?
La différence tient aux données : un PDF ordinaire est conçu pour être lu visuellement, tandis qu'une facture électronique contient un socle de données structurées exploitables automatiquement.
Même généré par un logiciel de facturation, un PDF n'organise pas nécessairement ses informations dans des champs directement exploitables par les autres systèmes. Pour récupérer la date, le fournisseur, les montants ou la TVA, les logiciels doivent souvent utiliser la reconnaissance optique de caractères, puis faire contrôler les résultats.
Une facture électronique enregistre au contraire chaque information dans un champ identifié :
numéro de facture
identité du fournisseur et du client
dates
montants hors taxes
taux et montants de TVA
catégorie de l'opération
références de commande
conditions de paiement
Ces données peuvent être contrôlées, transmises et intégrées automatiquement dans les outils de gestion et de comptabilité.
Est-ce que le PDF va disparaître ?
Non, le PDF peut rester présent comme représentation lisible de la facture. Ce qui compte, ce sont les données structurées qui l'accompagnent, pas l'apparence du document.
Le format Factur-X, par exemple, associe un fichier PDF que l'utilisateur peut consulter et un fichier XML intégré contenant les données structurées. Un PDF ordinaire et une facture Factur-X peuvent donc sembler identiques à l'écran, mais seule la seconde contient les données structurées attendues.
Les formats UBL et CII sont entièrement structurés. Le logiciel ou la plateforme peut alors générer une représentation lisible pour l'utilisateur.
Pourquoi l'e-mail ne suffit-il plus ?
L'e-mail ne suffit plus parce que la facture devra désormais circuler par un canal réglementaire, et non plus être envoyée directement à l'adresse du client.
Pour les opérations B2B domestiques entrant dans le champ de la réforme, la facture devra suivre le circuit suivant :
Le fournisseur crée la facture dans son logiciel ou sa plateforme.
Sa plateforme agréée contrôle les données.
Elle recherche l'adresse du client dans l'annuaire de la facturation électronique.
Elle transmet la facture à la plateforme agréée du client.
Le client la reçoit dans son propre environnement.
Le fournisseur et le client peuvent utiliser deux plateformes différentes.
Peut-on encore utiliser l'e-mail ?
L'e-mail reste utilisable, mais plus comme canal réglementaire principal pour transmettre une facture B2B concernée par le e-invoicing. Il conserve un rôle pour les échanges qui accompagnent la facture, sans la remplacer.
L'e-mail pourra encore servir à :
informer le client qu'une facture a été émise
échanger au sujet d'un litige
envoyer une relance
transmettre des documents commerciaux qui ne sont pas des factures
communiquer avec des clients pour des opérations situées hors du champ du e-invoicing
Une copie PDF peut aussi être adressée à titre informatif. Elle ne remplace toutefois pas la facture transmise par le circuit réglementaire.
Comment le destinataire sera-t-il identifié ?
Le destinataire ne sera plus identifié par une simple adresse e-mail comme comptabilite@entreprise.fr, mais par l'intermédiaire de l'annuaire de la facturation électronique. La plateforme du fournisseur consultera cet annuaire afin d'identifier :
l'entreprise cliente
sa plateforme agréée
son adresse électronique de facturation
le cas échéant, l'établissement ou le service destinataire
L'adressage pourra être organisé au niveau du SIREN, d'un SIRET ou d'un code de routage plus précis.
Qu'est-ce qui change dans le suivi de la facture ?
Le suivi change grâce à des statuts qui permettent de connaître l'état du document tout au long de son cycle de vie. Avec un e-mail, l'expéditeur sait généralement que son message a été envoyé, mais pas toujours si la facture a été correctement reçue, intégrée ou refusée.
La facturation électronique introduit des statuts qui suivent le cycle de vie du document, notamment :
le dépôt
le rejet technique
le refus par le client
l'encaissement lorsque ce statut est requis
D'autres statuts pourront préciser que la facture a été mise à disposition, prise en charge, approuvée, partiellement approuvée ou mise en litige. L'objectif est de rendre le traitement plus visible pour le fournisseur comme pour le client.
Que se passe-t-il si la facture contient une erreur ?
Une facture peut être rejetée pour un motif technique ou refusée par le client pour un motif commercial. Un rejet intervient lorsque la facture ne respecte pas les règles techniques ou lorsque les données ne permettent pas de l'acheminer correctement.
Un refus par le client peut avoir lieu pour une raison commerciale, par exemple :
mauvais destinataire
quantité incorrecte
prix différent de la commande
prestation non réalisée
facture déjà reçue
Le fournisseur devra consulter le motif, corriger la situation et, selon le cas, émettre une nouvelle facture, une facture rectificative ou un avoir.
Qu'est-ce qui change pour la comptabilité ?
Pour la comptabilité, les données structurées pourront être récupérées directement par les logiciels comptables, ce qui devrait réduire :
la ressaisie
les erreurs de lecture
les doublons
les écarts entre la facture et son écriture
les recherches de documents
Cela ne supprime pas la nécessité des contrôles comptables. Les règles d'affectation, la TVA, les cas particuliers et les anomalies continueront de nécessiter une supervision. La facture électronique automatise davantage la circulation de la donnée ; elle ne remplace pas le jugement comptable.
Qu'est-ce qui ne change pas ?
La réforme ne modifie pas les fondamentaux de la relation commerciale. Les entreprises devront toujours :
établir une facture conforme
respecter une numérotation chronologique et continue
appliquer les bonnes règles de TVA
vérifier les coordonnées du client
respecter les délais de paiement
corriger les erreurs
conserver les pièces et justificatifs requis
La réforme change principalement la manière dont la facture est structurée, transmise, suivie et intégrée.
Comment préparer la transition ?
Préparer la transition suppose de revoir l'ensemble du parcours de la facture, pas seulement le mode d'envoi. Avant les échéances, il est utile de vérifier :
comment les factures sont actuellement créées et envoyées
si le logiciel produit des données structurées
s'il est plateforme agréée ou connecté à l'une d'elles
si les SIREN, SIRET et adresses des clients sont exacts
comment les factures reçues seront intégrées à la comptabilité
qui traitera les rejets, refus et corrections
quels flux continueront à arriver hors facturation électronique
La transition ne consiste donc pas seulement à remplacer l'envoi d'un e-mail par un nouveau bouton. Elle implique de revoir l'ensemble du parcours de la facture, de sa création jusqu'à son règlement.
Questions fréquentes
Une facture PDF créée dans un logiciel sera-t-elle conforme ?
Une facture PDF créée dans un logiciel sera-t-elle conforme ?
Pas à elle seule. Elle devra comporter les données structurées requises et être transmise par une plateforme agréée.
Peut-on imprimer une facture électronique ?
Peut-on imprimer une facture électronique ?
Oui. Une facture électronique peut disposer d'une représentation lisible et être imprimée, mais sa version papier ne devient pas pour autant le document transmis dans le circuit réglementaire.
Un fichier Factur-X peut-il être envoyé par e-mail ?
Un fichier Factur-X peut-il être envoyé par e-mail ?
Techniquement, il peut être joint à un message. Pour une opération soumise au e-invoicing, cet envoi ne remplace toutefois pas la transmission par une plateforme agréée.
Les factures étrangères seront-elles aussi interdites par e-mail ?
Les factures étrangères seront-elles aussi interdites par e-mail ?
Les opérations internationales ne relèvent généralement pas du circuit français du e-invoicing. Elles peuvent en revanche être soumises au e-reporting et continuer à être échangées selon d'autres canaux.
Que deviennent les factures papier et les tickets ?
Que deviennent les factures papier et les tickets ?
Certains documents resteront en dehors du circuit du e-invoicing, notamment selon la nature de l'opération et du justificatif. Ils devront néanmoins continuer à être collectés, traités et conservés.
